lundi 18 octobre 2021

Cours n°8 Texte descriptif-explicatif et exercice du résumé 1 corrigé

Robert Doisneau "École de la République"

Exercice du résumé 1

        La technique du résumé n'est pas facile à maîtriser, mais elle est néanmoins l'une des plus utiles pour l'étudiant parce qu'elle met en œuvre un certain nombre d'aptitudes fondamentales utiles dans n'importe quel domaine, académique ou professionnel, où il faut interpréter des textes de façon systématique, efficace et rigoureuse.

La compréhension: avant de pouvoir résumer un texte, il faut l'avoir bien compris

L'analyse: pour résumer, il faut extraire du texte les idées principales.

La synthèse et la rigueur: pour bien résumer, il faut distinguer l'essentiel du secondaire et du superflu, et l'exprimer de manière concise sans toutefois en dénaturer le sens.

Le sens de l'équilibre: un bon résumé reflète fidèlement l'importance des divers éléments du texte d'origine.

Le sens de l'organisation et de l'articulation: un bon résumé doit montrer de façon très claire et très efficace—parfois plus que le texte d'origine—comment les idées ou les arguments s'enchaînent.

La manipulation du langage: le résumé doit exprimer les idées d'un texte sans se limiter à fournir un collage de phrases qui en sont extraites. Il doit être à la fois original dans la forme, et conforme dans le fond.

Il s'agit donc de réécrire dans ses propres mots le texte de départ, en préservant l'essentiel de l'information qu'il véhicule, tout en le condensant à environ 25% de son volume original.


Résumez ce texte par une phrase de 10 mots :
" Un vol audacieux a été commis en Suisse. Des oeuvres de Picasso exposées temporairement au public en ont fait les frais. Il s'agit plus exactement de toiles qui sont au nombre de sept. Les voleurs se sont introduits dans une galerie de Zurich durant le dernier week-end, après la fermeture du samedi après-midi. Nous ne connaissons pas encore l'identité du propriétaire. On peut toutefois estimer le préjudice entre 50 et 200 millions de francs suisses. Les tableaux volés appartiennent aux périodes "bleue" et "rose" du grand peintre. Figure parmi eux "Le Christ de Montmartre" (1904). Notons que deux des toiles ont déjà été dérobées en 1991 avant d'être retrouvées l'année suivante."


Correction :
"Sept toiles de Picasso ont été volées récemment à Zurich ".

Cette phrase vous donne l'essentiel de l'information. Le moment du vol, le montant du préjudice, les détails sur les oeuvres volées ne font que fournir des précisions par rapport à l'information essentielle ; compte-tenu de la consigne (10 mots), vous avez été amené à sélectionner et à ne retenir que les termes qui font l'essence même, le coeur de la nouvelle.

Résumez cet article de 210 mots en 40 mots (à dix mots près)


Télévision
Jusqu’où ira la télé réalité ?

En Grande-Bretagne, une nouvelle émission de télé-réalité fait scandale. Le principe : 20 enfants vivent sans adultes pendant deux semaines.
« Imaginez un monde gouverné par les enfants où toutes les décisions sont prises par des enfants de 10 ans » voilà ce que dit le générique de l’émission « Boys and girls alone » (garçons et filles seuls) diffusée en Grande-Bretagne. Pendant deux semaines, 10 garçons et 10 filles âgés entre 8 et 11 ans, vont expérimenter la vie sans adulte sous l’œil des caméras. Filles et garçons sont séparés. Chaque groupe vivant dans une maison différente.  Les concepteurs de l’émission affirment que l’expérience est positive pour les enfants, qu’elle leur permet d’apprendre à devenir responsable et indépendant, et à vivre en groupe.Mais de nombreuses voix s’élèvent contre ce programme. Depuis les premiers épisodes, tout ne se passe pas si bien que ça… : les enfants se disputent, certains ne savent pas s’habiller, ils n’arrivent pas à se faire à manger, ils se mettent à pleurer, etc…De quoi inquiéter les services de défense des enfants et les psychologues. Ils estiment qu’il s’agit de maltraitance et craignent que ces enfants gardent des séquelles de cette expérience. Ils demandent à ce que le programme s’arrête.
 Coline Arbouet
le 18 fevrier 2009

Pour faire cet exercice, remplissez au préalable le tableau suivant.

L’essentiel
Le secondaire
Le superflu





L’essentiel : les informations qui vont figurer obligatoirement dans le résumé
Le secondaire : les informations qui pourront figurer éventuellement mais qui ne sont pas indispensables à la compréhension du sujet
Le superflu : les informations inutiles.


En Grande-Bretagne une nouvelle émission de téléréalité déclenche un scandale. Elle consiste à filmer vingt enfants sans adulte pendant deux semaines. L’expérience selon les organisateurs serait bénéfique. Mais beaucoup protestent. Les services de protection de l’enfance craignent notamment des séquelles.

Cours n° 7 Le texte explicatif et l'exercice du résumé I


Robert Doisneau "École de la République"

Exercice du résumé 1

        La technique du résumé n'est pas facile à maîtriser, mais elle est néanmoins l'une des plus utiles pour l'étudiant parce qu'elle met en œuvre un certain nombre d'aptitudes fondamentales utiles dans n'importe quel domaine, académique ou professionnel, où il faut interpréter des textes de façon systématique, efficace et rigoureuse.

La compréhension: avant de pouvoir résumer un texte, il faut l'avoir bien compris

L'analyse: pour résumer, il faut extraire du texte les idées principales.

La synthèse et la rigueur: pour bien résumer, il faut distinguer l'essentiel du secondaire et du superflu, et l'exprimer de manière concise sans toutefois en dénaturer le sens.

Le sens de l'équilibre: un bon résumé reflète fidèlement l'importance des divers éléments du texte d'origine.

Le sens de l'organisation et de l'articulation: un bon résumé doit montrer de façon très claire et très efficace—parfois plus que le texte d'origine—comment les idées ou les arguments s'enchaînent.

La manipulation du langage: le résumé doit exprimer les idées d'un texte sans se limiter à fournir un collage de phrases qui en sont extraites. Il doit être à la fois original dans la forme, et conforme dans le fond.

Il s'agit donc de réécrire dans ses propres mots le texte de départ, en préservant l'essentiel de l'information qu'il véhicule, tout en le condensant à environ 25% de son volume original.


Résumez ce texte par une phrase de 10 mots :
" Un vol audacieux a été commis en Suisse. Des oeuvres de Picasso exposées temporairement au public en ont fait les frais. Il s'agit plus exactement de toiles qui sont au nombre de sept. Les voleurs se sont introduits dans une galerie de Zurich durant le dernier week-end, après la fermeture du samedi après-midi. Nous ne connaissons pas encore l'identité du propriétaire. On peut toutefois estimer le préjudice entre 50 et 200 millions de francs suisses. Les tableaux volés appartiennent aux périodes "bleue" et "rose" du grand peintre. Figure parmi eux "Le Christ de Montmartre" (1904). Notons que deux des toiles ont déjà été dérobées en 1991 avant d'être retrouvées l'année suivante."

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Résumez cet article de 210 mots en 40 mots (à dix mots près)


Télévision
Jusqu’où ira la télé réalité ?

En Grande-Bretagne, une nouvelle émission de télé-réalité fait scandale. Le principe : 20 enfants vivent sans adultes pendant deux semaines.
« Imaginez un monde gouverné par les enfants où toutes les décisions sont prises par des enfants de 10 ans » voilà ce que dit le générique de l’émission « Boys and girls alone » (garçons et filles seuls) diffusée en Grande-Bretagne. Pendant deux semaines, 10 garçons et 10 filles âgés entre 8 et 11 ans, vont expérimenter la vie sans adulte sous l’œil des caméras. Filles et garçons sont séparés. Chaque groupe vivant dans une maison différente.  Les concepteurs de l’émission affirment que l’expérience est positive pour les enfants, qu’elle leur permet d’apprendre à devenir responsable et indépendant, et à vivre en groupe.Mais de nombreuses voix s’élèvent contre ce programme. Depuis les premiers épisodes, tout ne se passe pas si bien que ça… : les enfants se disputent, certains ne savent pas s’habiller, ils n’arrivent pas à se faire à manger, ils se mettent à pleurer, etc…De quoi inquiéter les services de défense des enfants et les psychologues. Ils estiment qu’il s’agit de maltraitance et craignent que ces enfants gardent des séquelles de cette expérience. Ils demandent à ce que le programme s’arrête.
 Coline Arbouet
le 18 fevrier 2009

Pour faire cet exercice, remplissez au préalable le tableau suivant.

L’essentiel
Le secondaire
Le superflu





L’essentiel : les informations qui vont figurer obligatoirement dans le résumé
Le secondaire : les informations qui pourront figurer éventuellement mais qui ne sont pas indispensables à la compréhension du sujet
Le superflu : les informations inutiles. 



dimanche 10 octobre 2021

Vocabulaire, syntaxe, orthographe, conjugaison II : corrections + exercices d'entraînement

Écolier. Robert Doisneau.

 

  • Leila (vocabulaire, syntaxe) : * " *"Ils l’appellent non seulement par son surnom, mais aussi moque d’apporter un jeu de camelote. Enfin ils le refusent.
correction : ....Non seulement ils l'appellent par son surnom, mais aussi ils se moquent de son jouet de mauvaise qualité.
                   .... Ils refusent de jouer avec lui. / Ils le rejettent. (rejeter/mépriser/humilier) 

  • Sirène (vocabulaire : apporter/amener) : * "Du fait que Dolfi avait amené un fusil avec lui, pour la première fois, il se vit prendre au sérieux par les autres garçons. *. "
correction : ....
  • Jade (vocabulaire, syntaxe) : * " *Toutes les forces amies l'ont trahi et l'ont attaqué. « Tiens! Attrape, capitaine Laitue. »"
correction : Tous les enfants, y compris ceux qui dans son camp, l'ont trahi et l'ont attaqué en criant : « tiens! Attrape, capitaine Laitue. »

  • Perrine (conjugaison) : * " *Dolfi détestait qu'ils l'appelait Laitue, mais il voulait jouer avec eux quand même".
correction : Dolfi détestait qu'ils l'appellent Laitue, mais il voulait jouer avec eux quand même
  • Camille (vocabulaire, syntaxe) : * " *. "

Quand ils quittent le parc, on découvre que le petit enfant s'agissait d'Adolf Hitler, car une autre mère dit "Au revoir Madame Hitler".


correction : ....

  • Yveline (vocabulaire : faire la louange/ complimenter sur) : * " *Cependant, il prend un fusil, et le chef des garçons louange son jouet".
correction : le complimente sur son fusil / fait l'éloge de son fusil / fait la louange de Dolfi 
  • Atlas ( syntaxe, conjugaison) : * " *. "
Walter l’a donné une mission de grande responsabilité. Dolfi est un capitaine qui commandait l’avant-garde.
correction : ....

  • Arielle (vocabulaire "passer à tabac") : * " *Il est alors passé pour un battu en fuite et misérable".
correction : .... Il est alors passé à tabac; roué de corps; battu violemment, jusqu'à ce que les enfants prennent le fuite. Dolfi est alors laissé dans un état misérable/ se trouve dans un état misérable.
  • Estelle (vocabulaire, syntaxe) : * " *Il y avait un garçon qui s'appelait Dolfi. Il est très faible et donc les autres enfants l’appelaient Laitue".
correction : ....Dolfi était très faible et avait un teint verdâte. C'est la raison pour la quelle les autres enfants l'appelaient Laitue. 

    (vocabulaire, conjugaison, orthographe) : * " *Puis l’ennemi et ses compagnes lui lança des ovules de boue."

correction : .... Puis l'ennemi et ses compagnon lui lancèrent des projectiles.



  1. Trouvez une expression similaire :

Il pleuvait fort : …………………………

 

  1. Complétez avec l’expression verbale qui convient :

Il marchait tranquillement quand soudain il ………………. courir

 

  1.  Récrivez cette phrase en mettant la ponctuation qui convient :

elle lui dit dépêche toi tu vas rater ton train il lui répondit sans se retourner ne t’inquiète pas j’ai une heure d’avance elle ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter bien qu’elle savait qu’il était toujours très ponctuel à ce soir dit-elle

……………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………….

……………………………………………………………………………..

……………………………………………………………………………….

 

  1. Écrivez cette phrase au discours indirect :

Elles disaient : «Nous profitons de la vie tant qu’il est temps ».

……………………………………………………………………………..

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  1. Faites une phrase comportant l’expression « mener une vie + X » :

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  1. Faites une phrase comportant l’expression «une flopée de » :

……………………………………………………………………………….

  1. Faites une phrase comportant l’expression «ausculter » :

……………………………………………………………………………….

  1. Faites une phrase comportant l’expression « consulter » :

……………………………………………………………………………….

  1. Faites une phrase comportant l’expression « consulter » 

……………………………………………………………………………….


  1. Complétez avec « apparaître », « son », , « retentir », « bruit »


Un coup de feu …………………. au loin. Il entendit un …………….. étrange qu’il ne parvint pas à identifier. Il se précipita dans sa direction. Au coin de la rue, ……………… une fanfare. Les passants dansaient au ………………. de la fanfare.


mardi 5 octobre 2021

Cours n°6 Texte narratif. Nouvelle à Chute 3 Le Dragon

"Il faut sans cesse se jeter du haut d'une falaise et se fabriquer des ailes durant la chute.
Ray Bradbury.



« Le Dragon »
Une nouvelle de Ray Bradbury



Le vent de la nuit faisait frémir l’herbe rase de la lande ; rien d’autre ne bougeait. Depuis des siècles, aucun oiseau n’avait rayé de son vol la voûte immense et sombre du ciel. Il y avait une éternité́ que quelques rares pierres n’avaient, en s’effritant et en tombant en poussière, créé un semblant de vie. La nuit régnait en maîtresse sur les pensées des deux hommes accroupis auprès de leur feu solitaire. L’obscurité, lourde de menaces, s’insinuait dans leurs veines et accélérait leur pouls.
Les flammes dansaient sur leurs visages farouches, faisant jaillir au fond de leurs prunelles sombres des éclairs orangés. Immobiles, effrayés, ils écoutaient leur respiration contenue, mutuellement fascinés par le battement nerveux de leurs paupières.
À la fin, l’un d’eux attisa le feu avec son épée.
— Arrête ! Idiot, tu vas révéler notre présence !
— Qu’est—ce que ça peut faire ? Le dragon la sentira de toute façon à des kilomètres à la ronde. Grands Dieux ! Quel froid ! Si seulement j’étais resté au château !
— Ce n’est pas le sommeil : c’est le froid de la mort. N’oublie pas que nous sommes là pour... — Mais pourquoi, nous ? Le dragon n’a jamais mis le pied dans notre ville !
— Tu sais bien qu’il dévore les voyageurs solitaires se rendant de la ville à la ville voisine... — Qu’il les dévore en paix ! Et nous, retournons d’où nous venons !
— Tais-toi ! Écoute...
Les deux hommes frissonnèrent.
Ils prêtèrent l’oreille un long moment. En vain. Seul, le tintement des boucles des étriers d’argent agitées, telles des piécettes de tambourin, par le tremblement convulsif de leurs montures à la robe noire et soyeuse, trouait le silence.
Le second chevalier se mit à se lamenter.
— Oh ! Quel pays de cauchemar ! Tout peut arriver ici ! Les choses les plus horribles... Cette nuit ne finira-t-elle donc jamais ? Et ce dragon ! On dit que ses yeux sont deux braises ardentes, son souffle, une fumée blanche et que, tel un trait de feu, il fonce à travers la campagne, dans un fracas de tonnerre, un ouragan d’étincelles, enflammant l’herbe des champs. À sa vue, pris de panique, les moutons s’enfuient et périssent piétinés, les femmes accouchent de monstres. Les murs des donjons s’écroulent à son passage. Au lever du jour, on découvre ses victimes éparses sur les collines. Combien de chevaliers, je te le demande, sont partis combattre ce monstre et ne sont jamais revenus ? Comme nous, d’ailleurs...
— Assez ! Tais-toi !
— Je ne le redirai jamais assez ! Perdu dans cette nuit je suis même incapable de dire en quelle année nous sommes !
— Neuf cents ans se sont écoulés depuis la nativité́...
— Ce n’est pas vrai, murmura le second chevalier en fermant les yeux. Sur cette terre ingrate, le Temps n’existe pas. Nous sommes déjà dans l’Éternité. Il me semble que si je revenais sur mes pas, si je refaisais le chemin parcouru pour venir jusqu’ici, notre ville aurait cessé d’exister, ses habitants seraient encore dans les limbes, et que même les choses auraient changé. Les pierres qui ont servi à construire nos châteaux dormiraient encore dans les carrières, les poutres équarries, au cœur des chênes de nos forêts. Ne me demande pas comment je le sais ! Je le sais, c’est tout. Cette terre le sait et me le dit. Nous sommes tout seuls dans le pays du dragon. Que Dieu nous protège !
— Si tu as si peur que ça, mets ton armure !
— À quoi me servirait-elle ? Le dragon surgit d’on ne sait où. Nous ignorons où se trouve son repaire. Il disparaît comme il est venu. Nous ne pouvons deviner où il se rend. Eh bien, soit ! Revêtons nos armures. Au moins nous mourrons dans nos vêtements de parade.
Le second chevalier n’avait pas fini d’endosser son pourpoint d’argent qu’il s’interrompit et détourna la tête.
Sur cette campagne noire, noyée dans la nuit, plongée dans un néant qui semblait sourdre de la terre elle-même, le vent s’était levé́. Il soufflait sur la plaine une poussière qui semblait venir du fond des âges. Des soleils noirs, des feuilles mortes tombées de l’autre côté́ de la ligne d’horizon, tourbillonnaient en son sein. Il fondait dans son creuset les paysages, il étirait les os comme de la cire molle, il figeait le sang dans les cervelles. Son hurlement, c’était la plainte de milliers de créatures à l’agonie, égarées et errantes à tout jamais. Le brouillard était si dense, cerné de ténèbres si profondes, le lieu si désolé́, que le Temps était aboli, que l’Homme était absent. Et cependant deux créatures affrontaient ce vide insupportable, ce froid glacial, cette tempête effroyable, cette foudre en marche derrière le grand rideau d’éclairs blancs qui zébraient le ciel. Une rafale de pluie détrempa le sol. Le paysage s’évanouit. Il n’y eut plus désormais que deux hommes, dans une chape de glace, qui se taisaient, angoissés.
— Là chuchota le premier chevalier. Regarde ! Oh Mon Dieu !
A plusieurs lieues de là, se précipitant vers eux dans un rugissement grandiose et monotone : le dragon.
Sans dire un mot, les deux chevaliers ajustèrent leurs armures et enfourchèrent leurs montures.
Au fur et à mesure qu’il se rapprochait, sa monstrueuse exubérance déchirait en lambeau le manteau de la nuit. Son œil jaune et fixe, dont l’éclat s’accentuait quand il accélérait son allure pour grimper une pente, faisait surgir brusquement une colline de l’ombre puis disparaissait au fond de quelque vallée ; la masse sombre de son corps, tantôt distincte, tantôt cachée derrière quelque repli, épousait tous les accidents du terrain.
— Dépêchons-nous.
Ils éperonnèrent leurs chevaux et s’élancèrent en direction d’un vallon voisin. — Il va passer par là.
De leur poing ganté de fer, ils saisirent leurs lances et rabattirent les visières sur les yeux de leurs chevaux.
— Seigneur !
— Invoquons Son nom et Son secours !
A cet instant, le dragon contourna la colline. Son œil, sans paupière, couleur d’ambre clair, les absorba, embrasa leurs armures de lueurs rouges et sinistres. Dans un horrible gémissement, à une vitesse effrayante, il fondit sur eux.
— Seigneur ! Ayez pitié́ de nous !
La lance frappa un peu au-dessous de l’œil jaune et fixe. Elle rebondit et l’homme vola dans les airs. Le dragon chargea, désarçonna le cavalier, le projeta à terre, lui passa sur le corps, l’écrabouilla.
Quant au second cheval et à son cavalier, le choc fut d’une violence telle, qu’ils rebondirent à trente mètres de là et allèrent s’écraser contre un rocher.
Dans un hurlement aigu, des gerbes d’étincelles roses, jaunes et orange, un aveuglant panache de fumée blanche, le dragon était passé...
— Tu as vu ? cria une voix. Je te l’avais dit !
— Ça alors ! Un chevalier en armure ! Nom de tous les tonnerres ! Mais c’est que nous l’avons touché !
— Tu t’arrêtes ?
— Un jour, je me suis arrêté et je n’ai rien vu. Je n’aime pas stopper dans cette lande. J’ai les foies.
— Pourtant nous avons touché quelque chose...
— Mon vieux, j’ai appuyé à fond sur le sifflet. Pour un empire, le gars n’aurait pas reculé...
La vapeur, qui s’échappait par petits jets, coupait le brouillard en deux. — Faut arriver à l’heure. Fred ! Du charbon !
Un second coup de sifflet ébranla le ciel vide. Le train de nuit, dans un grondement sourd, s’enfonça dans une gorge, gravit une montée et disparut bientôt en direction du nord. Il laissait derrière lui une fumée si épaisse qu’elle stagnait dans l’air froid des minutes après qu’il fut passé et eut disparu à tout jamais.



Ray Bradbury, « Le Dragon » in Un remède à la mélancolie, collection "Présence du futur", Denoël, 1961 (1948).
         



Biographie
Connaissez-vous Ray Bradbury ? Faites une rapide recherche pour le connaître. 

Recherchez le vocabulaire difficile

Questions de compréhension :
1 – Quels sont les personnages principaux ? 2 – De quoi ont-ils peur ? 3 – A quelle époque se situe la nouvelle ? Pourquoi ? 4 – Expliquez la chute de la nouvelle ? 5 – Quels effets produit cette chute sur le lecteur ? 6 – A quelle genre appartient cette nouvelle ?

Exercice d’écriture et de composition :
1 – Écrire le synopsis de la nouvelle.
2 – Racontez librement une histoire fantastique mais en respectant le principe narratif de la « chute ».

lundi 4 octobre 2021

Cours n°5 "Pauvre petit garçon" 2 correction

Dino Buzzati

Correction 


Résumez "Pauvre petit garçon" en séparant les différents étapes du schéma narratif :

- situation initiale
Madame Klara emmène au parc Dolfi, son petit garçon, malmené par les autres enfants qui le surnomment Laitue, en raison de son teint maladif.

- élément perturbateur

Dolfi un beau jour apporte avec lui un fusil tout neuf qui attire sur lui l'attention et la convoitise des autres enfants. Ceux-là font alors mine de s'intéresser à lui pour lui jouer un mauvais tour. 

- péripéties ou actions

Malgré la haine qu'il leur inspire, les autres enfants l'invitent à jouer avec eux à la guerre. Ils lui confient le commandement d'une armée au titre de capitaine. C'est là première fois que ça lui arrive et Dolfie est très fier de pouvoir enfin participer. Mais c'est un guet-apens. Les enfants lui ont tendu un piège pour le ridiculiser et casser son jouet. Il est alors roué de coups et insultés. Il ne lui reste plus qu'à retrouver sa mère qui l'attend en colère.  

- résolution
Madame Klara se lamente sur la faiblesse et l'insignifiance de son enfant, incapable de s'intégrer parmi les autres enfants et qui ne promet qu'un avenir des plus médiocres. 

- situation finale (chute)
On apprend alors que Madame Klara n'est autre que Madame Hilter. On en déduit par conséquent que son petit garçon, qu'elle appelle par son diminutif Dolfie, n'est autre qu'Adolf Hitler, quand il était enfant. 


Un poème à Chute.

La « chute » est un procédé narratif qui consiste à produire un effet de surprise au dénouement (situation finale). Il existe des récits entiers construits sur cet effet (Nouvelles à chute) mais on trouve aussi des poèmes comme ce poème de Victor Hugo :

Demain dès l'aube
Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.


     Victor Hugo


Questions : 

1 - Qui est Victor Hugo ? 
2 - Qui est Léopoldine ? 
3 - Comment s'appelle un vers de douze pieds ? 
4 - Comment s'appelle une strophe de 4 vers ? 
5 - En quoi consiste la chute du poème ? 

Écrivez vous-même un quatrain en respectant la métrique.

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